Je ne dirais pas que je suis arrivé au coaching par hasard. Bien au contraire, même, c’est mon parcours de vie qui m’a dirigé doucement dans cette voie. Ce parcours de vie est ponctué de choix qui lui ont donné l’aspect qu’il a aujourd’hui. Ces choix étaient-ils conscient ? En écrivant cet article, je me suis plongé dans mon histoire personnelle. J’ai pris du recul pour l’analyser, et j’ai l’impression que mes attitudes et mon caractère n’a pas vraiment changé en bientôt 40 ans…

Les comportements ont évolué, certaines de mes valeurs également. Toutefois le déterminisme est fort. Orienté, non pas par la situation sociale, mais par les expériences de vie de mes parents observés au travers de mes yeux d’enfant. L’image formée par l’observation de leurs expériences professionnelles, couronnées de plus ou moins de succès, a dessiné le plan des fondations de ma personnalité. Sur la base de ces fondations, les autres éléments sont venus s’imbriquer, également avec plus ou moins de succès, pour constituer ma personnalité actuelle. Vous découvrirez dans les prochaines lignes ces expériences qui m’ont amené au coaching. Bonne lecture !

Petit Alain deviendra moins petit

Né au début des années 80 à Genève, j’ai passé ma jeunesse dans le canton de Neuchâtel (Suisse). Une enfance sans trop de problème dans un monde de rêverie. On dira de moi « un enfant gentil, qui ne pose pas de problème ».

Une adolescence socialement très compliquée, comme pour beaucoup d’adolescent·e·s me direz-vous ? Oui, probablement… Je n’ai humblement que l’expérience de ma propre vie. Toutefois c’est la première fois dans ma vie où j’ai ressenti un profond décalage avec les jeunes de mon âge. Pendant mon enfance, j’avais de bonnes relations avec les enfants qui avaient 1 ou 2 ans de plus que moi. Tandis qu’à l’adolescence je ne comprenais plus le monde social qui m’entourait.

Comme un extraterrestre…

J’ai ressenti une impression de vivre en dehors de la société, de ne pas comprendre les codes, les relations entre les personnes. C’est aussi le moment où on passe de la petite école du village au collège, quelques villages plus loin pour moi, avec des centaines d’autres élèves. Le plus difficile était de trouver ma place, enfin une place… C’est à l’adolescence que la vie sociale prend forme, ici elle prenait forme sans moi… Depuis lors j’ai commencé à analyser la société, car j’avais un profond désir de comprendre le fonctionnement des gens, leurs relations. Avec le recul des années, je pense que c’est la manifestation du besoin de m’intégrer, de faire partie de quelquechose de plus grand. Bien sûr tout n’était pas sombre, j’ai noué quelques amitiés précieuses à ce moment là, des personnes avec qui je suis encore en contact actuellement.

creux du van
Image par Lukas Bieri de Pixabay

Puis est venu le temps du lycée, qui furent des années intellectuellement agréables, socialement et sentimentalement compliquées. Une fois un baccalauréat scientifique en poche, j’ai fait un bref passage en école d’ingénieur (génie civil). Puis une formation en sciences forensiques (bac +5) à l’Ecole des Sciences Criminelles de l’Université de Lausanne.

Mon choix professionnel, ne pas choisir…

Tout au long de ma vie professionnelle j’ai jonglé entre plusieurs casquettes. Tout a commencé par plusieurs « petits boulots » lorsque j’étais lycéen et étudiant. J’ai été tour à tour magasinier dans une supérette, opérateur de saisie, placeur dans une salle de spectacle,… Et il y a sûrement d’autres jobs que j’ai oublié…

Cette « polyactivité » s’est prolongée au delà de mes études. J’ai commencé ma carrière professionnelle par deux emplois à 50%. D’un côté, assistant de recherche et d’enseignement à l’Université de Lausanne, d’un autre inspecteur dans un service de police scientifique, et un projet de thèse de doctorat.

Un pied dans le monde scientifique et académique…

Mon activité d’assistant m’a permis d’enseigner aux étudiant·e·s, les accompagner lors de travaux pratiques et leur proposer une guidance lors de leurs travaux de recherche. Expérience formidable valorisante pour moi, que je qualifie d’éducation scientifique, pas simplement de formation ou d’enseignement. Educateur est celui qui fait l’action d’éduquer, qui vient du latin Edŭcare, littéralement conduire dehors ou élever. Il faut très probablement y voir le début de mon ancrage dans les activité d’accompagnement. Je l’écrit aujourd’hui (avril 2021), toutefois il m’aura fallu 10 ans (et une discussion dernièrement avec un ami cher) pour m’en rendre compte.

… un autre dans le monde policier

Mes années au sein d’un service de police m’ont permis de mettre en pratique mon engagement au service des autres. Que ce soit, sur le terrain, dans les laboratoires, dans les bureaux, et à donner des formations à l’école de police, j’ai eu un plaisir et une fierté à servir la société. Nouvelle expérience sociologiquement étonnante pour moi qui souhaite comprendre le fonctionnement des relations entre les humains. Ces années ont permis d’ancrer en moi mes valeurs dépassement de soi, respect et harmonie. Harmonie ? c’est un des rôles que j’associe à l’action de la police (contribuer à une société plus harmonieuse). Malgré l’image punitive ou répressive que l’institution peut avoir, la police dispose d’un important rôle préventif. Je reviendrais peut-être ultérieurement sur cette question.

Et une recherche doctorale

Durant ces années, j’ai également eu le projet de mener une thèse sur la détection et l’analyse des incendies répétitifs. Observer, comprendre la cause la mécanique qui a amené à la survenance d’un événement, prendre de la hauteur, chercher des formes récurrences, trouver un motif (pattern en anglais, les Québecois utilisent patron, je ne suis pas friand non plus de ce mot), qui se cache derrière une série d’événements qui sont peut-être interconnectés. Interconnectés ? Quel est l’élément connecteur ? Dans le cadre des incendies que j’étudiais, cela pouvait être un comportement humain, une configuration situationnelle, un appareil présentant un défaut récurrent. Je n’ai pas terminé cette thèse, la vie m’a dirigée sur d’autres chemins. Si le sujet vous intéresse, vous trouverez quelques informations ci-dessous. Néanmoins, j’utilise toujours ce schéma de pensée. Il m’accompagne au quotidien, il m’apporte un soutien dans la compréhension du monde.

poster scientifique
Crédits : A. Waser, O. Delemont, O. Ribaux, Ecole des Sciences Criminelles (Cliquez sur l’image pour la voir en taille réelle)

Envie d’en savoir plus, toujours plus…

En parallèle à ces emplois, j’ai eu l’opportunité de suivre plusieurs formations continues : de la gestion de projets, à la gestion d’équipe, en passant par la communication avec les médias. Ces différentes formations ont été l’occasion d’un premier contact avec des outils tels que l’éneagramme et le MBTI, que je vais retrouver plus tard dans mon parcours.

Vers les années 2010, je me rappelle avoir rencontré un formateur. Cet homme, ancien ingénieur industriel, s’était reconverti comme consultant et coach. D’abord très sceptique par le parcours professionnel et le contenu de la formation qui consistait principalement en des jeux de rôles. Je me suis ironiquement dit que c’était « sympa comme job de faire travailler le gens… » Réaction « bête et naïve » d’un trentenaire qui pensait alors que la valeur professionnelle se mesure au nombre d’heures travaillées. Par la suite, j’ai pris conscience de la plus-value que son approche avait apporté à mon travail. C’est ainsi que j’ai entendu pour la première fois la notion d’efficience. L’idée d’aider d’autres personnes à prendre conscience de leurs actions professionnelles a commencé à cheminer dans ma tête.

Par la suite, j’ai eu un poste d’analyste criminel, puis coordinateur pour le domaine sécurité, prévention et santé de l’EPFL.

Changement de paradigme, deuxième carrière

Et puis… ce fût la fin de ma première carrière à multiples casquettes. En 2015, avec Orianne, mon épouse, nous avons décidé de changer de paradigme.

Tous deux salariés en Suisse, nous avons déménagé en France. Nous nous sommes installés en périphérie de Limoges au cœur de la nature pour devenir entrepreneurs. Nos chevaux nous ont suivi dans ce périple. Cavaliers de longue date, et globe-trotters occasionnels, nous avons fondé une structure comprenant une écurie de propriétaires de chevaux et des hébergements touristiques.

Après quelques années, ne trouvant pas mon compte (financièrement et intellectuellement) dans le projet que nous avions lancé, j’ai eu l’opportunité de faire un bilan de compétences. Ce fût mon second contact avec une coach certifié. Cette rencontre m’a ouvert les yeux sur un monde de possibles, mais que je ne savais pas comment intégrer à mon projet de vie à ce moment précis.

Le point de bascule vers ma troisième carrière

Peu après, alors que la situation était toujours psychologiquement compliquée, j’ai été amené à faire un bilan psychologique. Les examens entrepris par un neuropsychologue étaient évocateur d’un profil surdoué. Je reviendrai sur le passage des examens, ce qui m’a amené à les faire, dans un autre article. Des nouveaux mots se sont immiscer dans ma vie : « surdoué », un mot que je n’apprécies pas, « haut potentiel », ou « zèbre ». Je préfère ce dernier mot, car il reflète le différence qui peut être perçue. Mais sans la tentation d’une hiérarchisation que le préfixe « sur » ou « haut » pourrait laisser imaginer. Il ne s’agit pas pour moi d’une supériorité des personnes présentant ce type de profil par rapport à d’autres personnes

Zèbre ?

Zèbre est un mot utilisé par Jeanne Siaud-Facchin pour décrire la personne surdouée. Cette dernière se fond dans le paysage, mais est différent des chevaux et autres animaux. les zèbres se reconnaissent entre eux grâce à leurs rayures, ce qui est souvent le cas des personnes à haut potentiel qui tendent à remarquer identifier d’autres personne avec haut potentiel.

Image par Cuyahoga de Pixabay

Un fonctionnement alternatif

La description du fonctionnement du zèbre a fait écho à de nombreuses étape de ma vie : une communication pas toujours aisée avec mes pairs, un parcours professionnel atypique en miroir avec le mien. Ce bilan psy m’a surtout permis de redécouvrir mon passé avec un nouvel angle de vue. Une occasion de percevoir de manière différente (pas forcément positive, mais plus négative) le décalage perçu avec les autres dans mes relations sociales. J’ai décidé de faire de cette différence une force et de me servir de cette vision méta et décalée pour aborder les situations de la vie courante de façon alternative afin de proposer des solutions « en dehors de la boîte ». Ceci étant d’autant plus facile quand on vit déjà en dehors de la boîte.

Ces événements ont marqué une grande avancée dans le processus d’introspection que j’avais commencé quelques années auparavant. Je pense que d’autres personnes se posent la même question à un moment de sa vie : quel est mon rôle ici ? Il ne s’agit pas déterminer qui je pense être, ni qui les gens pensent que je suis, ou l’image que mes collègues, ma famille ou mes proches me renvoient. Qu’est-ce qui me motive ? Qu’est-ce que qui me fait m’émerveiller et être heureux d’être là ?

Qui je suis … ce qui donne du sens à ma vie

La question n’est pas vraiment de savoir qui nous sommes, c’est une question à laquelle on risque de ne pas trouver de réponses. La réponse dépend de l’angle d’observation. Tout comme cette intrigante sculpture de Matthieu Robert-Ortis, dont la perception change radicalement en fonction du point de vue. Ce qui compte c’est ce qui nous fait vibrer, ce qui nous fait avancer. Comment nous pouvons apporter une contribution au monde qui nous entoure, grâce à quels forces ? Finalement ce qui donne du sens à ma vie.

cerf ou oiseaux ?
Crédits : Matthieu Robert-Ortis

Ce qui donne du sens à ma vie, c’est découvrir de nouvelles voies (scientifiques, culturelles, philosophiques), les analyser pour les comprendre, les intégrer dans quelque chose de plus grand (a bigger picture comme disent les anglophones), puis accompagner les autres à faire de même. Ma motivation est de permettre à chacun de percevoir sa réalité, la comprendre et être en mesure de faire des choix libres et éclairés. Je qualifie ce type de fonctionnement par « être un éclaireur », c’est ce qui me fait.

Un coach éclaireur

Ce rôle d’éclaireur, je souhaite le mettre en œuvre avec des personnes qui, comme moi je l’ai été, sont embrouillées quelques part dans leur chemin de vie.

Ce chaos est vécu de façon particulièrement intense et dramatique pour le zèbres. Ces derniers ont un fort besoin de comprendre le sens et le pourquoi des choses pour intégrer un projet. Imaginez le désarroi de ne plus comprendre le sens, et ni percevoir le but, de sa vie. Ce désarroi, je l’ai vécu et je l’ai traversé, grâce à l’aide de mon épouse et de mon cadre de vie au cœur de la nature. Cela a été une expérience dure, mais enrichissante et structurante. Je souhaite aujourd’hui partager les enseignements que j’ai tiré de cette expérience en accompagnant des personnes dans ces moments remplis de doute et de peurs.

J’ai fait le choix de suivre une formation de coaching, auprès de l’Institut de Coaching International de Genève, pour disposer de méthodes et d’outils qui me permettront de bonifier l’accompagnement que je souhaite proposer et qui s’intègre dans le projet commun que je porte avec Orianne : le complexe Wakeisaku (article à venir).

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